La comptabilité : histoire de ses origines

La comptabilité est un maillon essentiel dans la vie d’une entreprise. Les pratiques de gestion financière ont évolué avec le temps, mais elle a toujours été présente pour permettre une traçabilité. On peut se demander ce qu’est la comptabilité dans ses fondements. Pourquoi a-t-elle été mise en place ? Quelle est son histoire ? Pour comprendre ce qu’elle est véritablement, le sens de son utilisation de nos jours dans les entreprises, il est utile de comprendre son origine. Et pour cela, il faut se plonger dans son histoire, mais aussi dans l’histoire de la société dans son ensemble. Quelle est l’origine de la comptabilité ? On vous donne toutes les explications.

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Les premières traces de la comptabilité

Il faut remonter loin dans l’histoire de l’humanité pour retrouver les premières traces de la comptabilité, du moins, celles qui sont arrivées jusqu’à nous.

On retrouve des traces d’écritures comptables sur des supports très anciens, comme du papyrus ou de l’argile. Et ces traces comptables remontent au 4e millénaire av. J.-C., avant même la naissance de l’écriture. Des civilisations comme celle des Sumériens, les Egyptiens, les Grecs ou encore les Romains ont eu recours à des procédés comptables pour matérialiser leurs échanges. Les Egyptiens et les Romains ont été les premiers à utiliser la comptabilité dans un but de transcription des échanges commerciaux. Les écritures comptables prenaient ainsi la forme de différents signes et symboles.

Les raisons de la naissance de la comptabilité

Très loin dans l’humanité, les Hommes ont eu besoin de transcrire des valeurs comptables, à l’instar des propriétaires terriens ou des marchands. Ils avaient besoin de garder une trace, un inventaire des objets échangés. La valorisation était physique et même monétaire. Des comptes de caisse étaient déjà tenus avec des listes de recettes et de dépenses. On a découvert, à Rome, des livres de recettes et de dépenses, présentés comme un livre de comptes. Il s’agissait néanmoins d’une comptabilité à partie simple. L’écriture d’une opération comptable dans un compte ne donnait pas lieu à une inscription dans un autre compte. En Egypte, les comptes de dépenses et de recettes publiques étaient consignés pour le système des impôts et la gestion des stocks.

Dès l’Antiquité, donc vers 3000 avant notre ère, les Hommes géraient déjà des comptes bancaires. Une procédure à l’image du virement entre des comptes existait déjà . Les personnes les plus fortunées rencontraient souvent les banquiers pour tenir les comptes de leurs affaires et de la maison. Cette gestion comptable était tenue à jour par les esclaves, parmi lesquels le maître de maison désignait les plus érudits pour gérer la comptabilité. Ils faisaient office de comptables individuels : ce sont les premiers intendants.

Vers une véritable tenue comptable

La période des croisades a vu émerger un accroissement du commerce et des échanges. Arrive à cette époque la nécessité de consigner les transactions et de répartir les profits. En effet, les marchands délèguent et ont recours à des mandataires chargés de négocier pour eux à distance. Une vraie tenue comptable plus élaborée prend alors naissance, car on doit consigner les bénéfices et contrôler les transactions.

Le recours au crédit permet aussi de créer des comptes de personnes, avec des créanciers et des débiteurs. Ce sont les fondements de la comptabilité moderne dite à parties doubles. Lorsqu’une créance est due par un tiers à un marchand, il est inscrit dans une colonne « doit ». L’inverse donnait lieu à une inscription dans la colonne « avoir », lorsqu’il s’agit donc d’une dette. C’est de cette période que naît cette inversion sémantique selon laquelle une créance est un débit.

Les comptes de valeurs font aussi leur apparition, comme les comptes de biens immobiliers ou les stocks. Naissent les pertes et profits, de la différence entre une sortie de stock au coût d’achat et la marge bénéficiaire de la vente finale.

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Le premier écrit sur la comptabilité

Les marchands italiens du 14e siècle ont transcrit et expliqué dans leurs ouvrages les grands fondements de cette comptabilité naissante et les évolutions qu’elle a suivies. C’est pourtant seulement à la fin du 15e siècle qu’apparaît le premier ouvrage sur la comptabilité : le « Tractatus » de Luca Pacioli, en 1495. Il est considéré comme le « père » de la comptabilité moderne alors qu’il est admis qu’il a simplement reproduit les principes de comptabilité utilisés par les grands marchands en Italie.

Les principes de Pacioli ont été ensuite commentés, précisés et améliorés, toujours autour de trois types de comptes : les comptes de valeurs, les comptes de personnes et les comptes de pertes et profits. Une écriture comptable est alors systématiquement double, l’écriture dans un compte entraîne automatiquement un mouvement dans un autre. Les états financiers permettent alors d’avoir une image globale d’une situation comptable.

Le compte de résultat et le bilan de personnes apparaissent. Au 16e siècle naît la notion de solde et de bilan en présentant la balance des comptes, puis le concept de prévision. La notion de capital émerge ensuite pour sécuriser les créanciers.

Un cadre légal pour la comptabilité

La comptabilité permet de consigner l’état des comptes et d’attester la situation et la qualité de gestion des marchands. Très rapidement, le besoin de normes et de contrôle se fait sentir. Un cadre législatif s’est alors imposé : les marchands devaient se présenter à un bureau pour obtenir un visa attestant de la bonne tenue de leurs comptes financiers avec le détail des opérations effectuées. En France, le premier fondement historique du code du commerce est alors édicté, avec l’ordonnance de Colbert en 1673. Au XIXe siècle, une version plus avancée est publiée en 1808 et impose à toute entreprise de tenir un livre de comptes, vérifiable au fil des années et avec un inventaire tous les deux ans.

L’histoire des entreprises et de la comptabilité s’inscrit de façon étroite dans l’histoire de la société humaine. Elle est le témoin de l’évolution des échanges, et apparaît comme un langage indépendant, indispensable pour consigner les traces des actions entre les hommes et leurs biens. L’organisation de la comptabilité des premiers marchands, témoin de leurs relations avec leurs clients, pose les premiers principes du système de la gestion des entreprises d’aujourd’hui, en France et ailleurs dans le monde, avec le journal des comptes, le solde, le grand livre comptable, l’exercice, le plan comptable, le bilan de l’entreprise.

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